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Bien régler ses filtres : la différence entre 300 noms et 30 rendez-vous
Trop de filtres vide la liste, trop peu la rend inutilisable. Comment choisir les trois ou quatre critères qui comptent vraiment pour votre métier.
Deux erreurs symétriques, et les deux coûtent cher.
La première : ne filtrer sur rien. On obtient trois cents lignes, on en appelle quarante, on abandonne. La seconde : filtrer sur douze critères. On obtient quatre lignes, dont deux ont fermé.
Le bon réglage se situe entre les deux, et il est plus proche du minimalisme qu’on ne le croit.
Trois ou quatre critères, pas plus
Chaque filtre supplémentaire divise votre liste. Trois filtres qui écartent chacun la moitié des résultats ne laissent qu’un huitième du total. Au quatrième, vous êtes à un seizième — et vous avez probablement éliminé de bons prospects par accident.
La discipline utile : écrivez vos critères, classez-les, gardez les trois premiers. Les autres serviront à trier la liste, pas à la filtrer.
Distinguer ce qui exclut de ce qui classe
C’est la nuance qui change tout, et celle qu’on manque le plus souvent.
Un critère excluant retire de la liste. Il doit être binaire et incontestable : l’établissement est fermé, le numéro est surtaxé, l’entreprise est hors de la zone. Si vous hésitez à écarter quelqu’un sur ce critère, ce n’est pas un critère excluant.
Un critère classant remonte ou descend dans la liste. Ancienneté, taille, présence en ligne, note moyenne : autant de choses qui rendent un prospect plus ou moins intéressant, sans jamais le disqualifier.
L’erreur la plus fréquente consiste à traiter un critère classant comme excluant. « Je ne veux que les entreprises de plus de dix ans » vous fait rater celle qui a huit ans et trois cents clients.
Les critères qui servent vraiment
Par ordre décroissant d’utilité, pour la plupart des métiers :
- La joignabilité. Un numéro qui sonne, une adresse valide. Un prospect parfait mais injoignable ne vaut rien. À traiter comme excluant.
- L’existence réelle. Numéro d’entreprise vérifié au registre, activité déclarée. Cela élimine les fiches fantômes et les sociétés dissoutes. Excluant.
- Le signal métier. Celui qui définit *votre* opportunité : absence de site pour une agence, ancienneté pour un courtier, nombre d’établissements pour un fournisseur. Classant, avec un poids fort.
- La proximité. Le temps de trajet compte plus que la distance à vol d’oiseau, surtout si vous vous déplacez.
Les critères qui trompent
Deux méritent une mise en garde particulière.
Le nombre d’avis. On l’utilise volontiers comme indicateur de taille. C’est un mauvais indicateur : un restaurant a quatre cents avis et trois employés, un grossiste en a quatre et en emploie quarante. Si vous cherchez la taille, cherchez la taille — pas sa mauvaise approximation.
La note moyenne. Une note de 3,2 sur douze avis ne dit pas grand-chose. La même sur trois cents avis raconte une histoire. Ne filtrez jamais sur une note sans regarder le volume qui la porte.
Le réglage se fait après le premier appel, pas avant
Voici la méthode qui fonctionne, et elle est contre-intuitive : lancez une première recherche volontairement large.
Appelez trente lignes. Notez, pour chaque refus, la vraie raison — pas « pas intéressé », mais « trop petit », « déjà équipé », « hors zone », « mauvais interlocuteur ».
Au bout de trente appels, vous saurez exactement quoi filtrer. Ce sera rarement ce que vous auriez deviné avant de commencer.
Un signal absent n’est pas un signal négatif
Point technique, mais il vaut de l’or.
Si vous ne savez pas si une entreprise a un site — parce que la vérification n’a pas abouti — ce n’est pas la même chose que de savoir qu’elle n’en a pas. Traiter l’inconnu comme un manque fait remonter en tête de liste tous les prospects mal analysés.
La règle : une information manquante doit sortir du calcul, pas compter pour zéro. Sinon votre classement récompense l’ignorance.
Combien de lignes viser
Cent, pour une semaine de travail. Deux cents si vous prospectez à temps plein.
Au-delà, la liste ne sera pas traitée, elle vieillira, et vous relancerez une recherche avant d’avoir fini la première — en vous demandant pourquoi ça ne donne rien.
